
Une mobilisation collective au service du report modal
Le 19 mai dernier s’est tenu un comité de concertation majeur dans le cadre du projet EcoLogiX. Cette rencontre a réuni un large panel d’acteurs du territoire transfrontalier : entreprises, logisticiens, gestionnaires d’infrastructures, ports, institutions publiques et experts de la mobilité.
L’objectif de cette démarche est clair : accélérer la transition vers une logistique plus durable en favorisant le report modal, c’est-à-dire le transfert d’une partie des flux de marchandises actuellement transportés par la route vers des modes plus respectueux de l’environnement comme le ferroviaire et le fluvial.
Cette ambition est au cœur du projet EcoLogiX, qui vise à fournir aux acteurs publics et privés des outils innovants pour mieux comprendre, anticiper et optimiser les flux logistiques transfrontaliers.
Pourquoi le report modal reste-t-il un défi ?
Malgré l’existence d’infrastructures ferroviaires et fluviales performantes, le transport routier demeure aujourd’hui largement dominant. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- Un manque de visibilité sur les flux existants ;
- Une difficulté à évaluer les bénéfices globaux des alternatives ;
- Des contraintes réglementaires et organisationnelles ;
- Une fragmentation des données entre les différents acteurs ;
- Un besoin de coordination renforcée à l’échelle transfrontalière.
Face à ces constats, le comité de concertation avait pour mission d’identifier collectivement les freins actuels et de faire émerger des pistes d’action concrètes.
Trois tables rondes pour croiser les expertises
Afin de favoriser des échanges constructifs, les participants ont été répartis autour de trois thématiques complémentaires.
Les logisticiens : au cœur des réalités opérationnelles
Les professionnels de la logistique ont partagé leurs retours d’expérience sur :
- L’optimisation des flux de marchandises ;
- La mutualisation des transports ;
- Les contraintes de terrain ;
- Les besoins en outils d’aide à la décision.
Leurs témoignages ont permis de mieux comprendre les leviers opérationnels nécessaires à l’adoption de solutions multimodales.
Les entreprises : entre compétitivité et transition écologique
Pour les chargeurs et les industriels, la question du report modal doit également répondre à des enjeux économiques.
Les échanges ont porté notamment sur :
- La maîtrise des coûts logistiques ;
- La compétitivité des chaînes d’approvisionnement ;
- Le suivi des émissions de CO₂ ;
Les indicateurs permettant d’évaluer la performance globale des solutions envisagées.
Les pouvoirs publics : préparer les infrastructures de demain
Pour les chargeurs et les industriels, la question du report modal doit également répondre à des enjeux économiques.
Les échanges ont porté notamment sur :
- La maîtrise des coûts logistiques ;
- La compétitivité des chaînes d’approvisionnement ;
- Le suivi des émissions de CO₂ ;
Les indicateurs permettant d’évaluer la performance globale des solutions envisagées.
Une conviction forte : la donnée et la coopération comme moteurs du changement
L’un des principaux enseignements de cette rencontre est que la transition logistique ne repose pas uniquement sur la construction de nouvelles infrastructures.
Elle dépend avant tout de la capacité des acteurs à collaborer, partager leurs données et construire une vision commune du territoire.
C’est précisément l’ambition portée par EcoLogiX : mettre la technologie, l’intelligence collective et la coopération transfrontalière au service d’une logistique plus performante, plus résiliente et plus durable.
Les travaux du comité de concertation alimenteront directement le développement des futurs outils du projet et contribueront à bâtir des recommandations concrètes pour accompagner le report modal dans les Hauts-de-France et en Wallonie.
Cinq enseignements majeurs issus des échanges
- Cartographier précisément les flux logistiques
La connaissance des flux constitue le point de départ de toute stratégie de report modal efficace.
Mieux identifier les volumes transportés, leurs origines, leurs destinations et leurs modes de transport permettra de détecter les opportunités de transfert vers le rail ou le fluvial.
- Intégrer la notion de coût global
Le coût de transport ne peut plus être évalué uniquement sous l’angle financier.
Les participants ont souligné l’importance d’intégrer :
- Les impacts environnementaux ;
- Les coûts indirects ;
- Les risques opérationnels ;
- Les bénéfices à long terme pour les territoires.
- Faciliter le partage de l’information
L’un des enjeux majeurs identifiés concerne la circulation des données entre acteurs.
Une plateforme collaborative capable de centraliser les informations stratégiques pourrait permettre d’améliorer la coordination, la planification et la prise de décision.
- Mesurer l’impact carbone des choix logistiques
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est aujourd’hui un indicateur incontournable.
Les participants ont exprimé le besoin d’outils permettant de comparer facilement l’empreinte carbone des différentes solutions de transport afin d’éclairer les décisions.
- Orienter efficacement les investissements publics
Les infrastructures représentent des investissements importants.
Disposer de données fiables et d’une vision partagée des besoins permettra aux décideurs publics d’orienter leurs investissements vers les projets présentant le plus fort impact pour le territoire.
